La maison passive comparée au foyer français moyen


En juin 2015, le commissariat au développement durable à publié une étude sur la consommation énergétique des ménages français. Une occasion pour moi de comparer ces chiffres à ceux de la maison passive.

 

RT-2005 RT2012-2PHI passivhauss

3200 € d’économisés sur la facture d’énergie de notre maison passive

 

Afin de réaliser la comparaison la plus réaliste, j’ai pris les chiffres de consommation au m² des maisons individuelles de plus de 150 m². Je trouve dans le rapport une consommation moyenne en France de 0,013 Tep (tonne équivalent pétrole) par an et par m² soit 151 kWh/an/m².

 

Mon logement passif fait 167 m² pour une consommation totale de 3100 kWh/an. Le même logement dans la moyenne française consommerait 25 200 kWh. L’économie d’énergie est donc pour notre maison passive de 22 100 kWh.

 

Actuellement, le prix de l’électricité étant de 14,67 €/kWh TTC, notre maison passive permet d’économiser 3200 € par an.

 

Soyons tout de même plus précis dans la comparaison ! Il existe des disparités régionales de consommation compte tenu des différents climats. Par ailleurs, notre maison a été construite en 2010. Je préfère donc la comparer aux logements d’après 2006 construits en zone climatique H1 (Haute Normandie).

Zones climatiques RT

  • Les maisons récentes permettent une réduction de 25 % de consommation d’énergie par rapport à la moyenne nationale.
  • Par contre, les maisons située en zone climatique H1 consomment 6,5 % de plus que la moyenne nationale.

 

Les chiffres de consommations de notre maison passive sont donc à comparer à 25 200 kWh x 0,75 (maison récente) x 1,065 (Haute Normandie) = 20 100 kWh

 

Mon économie d’énergie est donc de 17 000 kWh par rapport à une maison de la même époque en Haute Normandie. Cela ramène mes économies d’énergie en 2500 €/an !

 

 

 

Rentable ou pas la maison passive ?

 

Faire des économies d’énergie, même substantielles, c’est très bien. Mais couvrent-elle le surcoût à la construction ? Une petite étude à long terme s’impose. Pour cela, il faut prendre plusieurs paramètres en considération.

 

En premier lieu, il faut se demander si le surcoût est financé comptant ou via un prêt. Pour ma part, j’ai un prêt sur 15 ans à 3,5% (c’est un peu faux, car j’ai renégocié et modulé mes échéances pour optimiser, mais on va prendre cette moyenne). Il faudra donc que je comptabilise les intérêts de l’emprunt.

 

Ensuite, il faut savoir s’il y a des aides publiques : pour ma part, à l’époque, j’avais le droit au crédit d’impôt développement durable sur les panneaux solaires et la cuve de récupération d’eau de pluie, ainsi qu’un crédit d’impôts de 40% des intérêts d’emprunt sur 7 ans.

 

Enfin, pour ma part, j’ai bénéficié d’une aide PREBAT de la Haute Normandie de 34 000 €.

 

Finalement, une des grandes inconnues, c’est l’évolution du prix de l’électricité. Sur les 10 dernières années, je l’ai relevée à 4,5 % en moyenne. En effet, EDF nous dit souvent que c’est 1 ou 2 %, mais il faut compter aussi la hausse de l’abonnement, la hausse de la CSPE ou encore celle de la TVA !

 

Pour être plus juste, j’ai fait des simulations avec 3, 4 et 5%. J’ai aussi regardé l’influence du prêt et des aides.

Rentabilité maison passive énergie 5

Rentabilité maison passive énergie 4

 

Rentabilité maison passive énergie 3

 

On constate que le retour sur investissement brut (hors aides et financement par l’emprunt) est compris entre 22 et 27 ans. Si on tient compte du prêt, le retour sur investissement peut être aller jusqu’à 30 ans. Pour ma part, en bénéficiant d’aides, mon retour sur investissement sera compris entre 20 et 24 ans.

 

Cela peut paraître long, mais la durée de vie d’un logement est nettement supérieure à 30 ans (elle est plutôt de 100 ans). Sur sa durée de vie, la maison passive est donc systématiquement rentable. Notons qu’aujourd’hui, la différence de prix entre la maison passive et la maison classique s’est largement réduit, le retour est donc nettement plus court.

 

Notons enfin qu’il est très probable que dans les années à venir, les maisons qui consomment moins bénéficient d’une survalorisation sur le marché immobilier pour leurs qualités thermiques et leur confort. Si je tiens compte d’une surcote de 10% seulement à la revente, mon retour sur investissement passe entre 17 et 19 ans. A 15%, on tombe autour de 15 ans !

 

Par comparaison, un retour sur investissement de 15 ans équivaut à un placement à 4,7% ! L’investissement dans une maison passive est donc rentable à long terme !

 

Économie ou confort, je n’ai pas choisi !

Vie dans une maison passive

 

Au delà de l’aspect purement pécuniaire de l’histoire, il faut toujours se rappeler, qu’une maison c’est avant tout pour essayer d’y vivre le plus confortablement possible.

 

Jusqu’alors, pour gagner en confort, il fallait payer plus cher à l’achat (ou à la construction) et à l’utilisation via les factures d’énergies (eau chaude, climatisation, chauffage, luminosité… tout cela à un coût au quotidien). L’avantage que je perçois dans notre maison passive, c’est que le confort est considérablement accru par rapport à une maison classique et en même temps, nous réalisons des économies d’énergie.

 

Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire de choisir entre une facture basse combinée au froid et à l’humidité et une facture élevée combinée au confort. Les deux peuvent se mener de front.

 

 

Pour conclure, lorsqu’on compare la maison passive au foyer moyen en France, on y constate un gain à plusieurs niveaux :

  • Des économies d’énergie qui compensent le surcoût dans le temps ;
  • Un meilleur confort
  • Un bâtiment compatible avec la transition énergétique et les normes futures.


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Histoire de notre maison passive : financer le projet





 

 

Avec un surcoût de 40% par rapport à une maison aux normes de l’époque et un foncier très cher à la fin de la décennie 2000, le financement de notre maison passive s’annonçait serré. Comment avons nous fait ?

Terrain pour maison passive

Économiser pour apporter le maximum

 

Notre projet de maison passive date de 2005. La concrétisation… en 2010. Entre deux, nous avons passé un certain temps à faire des recherches (concept, terrain, constructeur…). Nous nous sommes attachés aussi à stabiliser nos vies professionnelles. Mais nous avons aussi mi ce temps à profit pour mettre de l’argent de côté.

 

Vivre comme des étudiants

 

Nous nous sommes mariés en 2004, juste à le fin de nos études. Autrement dit, vivre comme des étudiants ne nous posait pas de problème, alors, nous avons continuer  :

 

Résultat, 70% de nos revenus partaient sur le plan d’épargne logement. A l’époque, avec un taux d’intérêt à 4,5% cela valait le coup.

Décapage allée maison passive

100 000 € en 4 ans !

 

Entre 2004 et 2009, nous avons épargné 100 000 € grâce à notre frugalité de vie. En ajoutant les 20 000 € que nous avions mis de côté avant (notamment les primes que j’avais gagné comme sportif et que j’avais pris le soin d’épargné), nous arrivions au moment du projet avec un apport de 120 000 €

 

Des choix… et des erreurs !

 

Notre critère principal était que la maison soit « passive ». Pour le reste, compte tenu du budget, il fallait faire des choix.

 

Nous avons donc sacrifié :

  • De l’esthétisme
  • Des options (panneaux photovoltaïques, volets automatiques en fonction du soleil)
  • Du temps pour réaliser une grande partie du second œuvre nous même.

 

Nous avons repousser à plus tard un certain nombre d’aménagement :

  • Terrasse
  • Tout l’aménagement de l’étage
  • Beaucoup de détails et de finitions.

Etage maison passive

Enfin, nous avons voulu faire marcher la concurrence pour diminuer les coûts. Et ce fut là notre erreur ! En effet, les entreprises susceptible de réaliser des maisons passive n’étaient pas nombreuses à l’époque sur le marcher. Et le moins disant des deux entreprises concernées… n’était finalement pas capable de réaliser une maison passive.

 

Bref, nous avions fait beaucoup d’optimisation, mais une erreur nous a coûté 10 000 €

Bien négocier notre prêt

 

Vous connaissez la différence entre un prêt bien négocié et un prêt non négocié ? Nous avons fait le calcul dans notre cas… 50 000 € ! Et on a doublé presque la mise avec une renégociation.

 

Les banques ne tenaient pas compte des économies d’énergies (c’est toujours le cas)

 

Le problème avec les banques, c’est qu’elles ont des idées prédéfinies et qu’elle ont du mal à en sortir. Une maison à 1800 € le m², cela ne rentrait pas dans leur critères de bases. Par ailleurs, lorsqu’ils calculent le reste à vivre après paiement des mensualités, ils ne voulaient pas prendre en compte les économies d’énergie.

 

Pourtant, entre des factures à 200 €/mois dans une maison classique et 50 € dans une maison passive, il y a une belle marge ! Cumulé dans un prêt (avec un TEG et 5% à l’époque), cela nous permettait d’emprunter théoriquement… 60 000 € de plus.

 

Il nous a donc déjà fallu batailler pour passer de ces fameux 150 € la limite des 33% du revenu mensuel.

 

Trouver un montage intéressant

 

Avec des taux similaires, et un projet similaire, il est possible de gagner beaucoup d’argent sur le prêt. Explication : un prêt ne peut pas commencer à être remboursé tant qu’il n’est pas débloqué à 100 %, c’est à dire tant que la maison n’est pas livrée complètement. Dans le cas d’une construction de maison, cela peut durer plus d’un an. En attendant, il faut quand même payer des intérêts appelés intérêts intercalaires.

 

Dans notre cas, nous avions deux possibilités :

  • Le cas classique : mettre tout notre apport au début, c’est à dire dans le terrain, puis payer la maison avec l’emprunt et les intérêts intercalaire presque dès le début de la construction.
  • Séparer le terrain et la construction. Payer le terrain entièrement à crédit, puis mettre l’apport sur la construction et s’éviter des intérêts intercalaires.

Nous avons bataillé pour arriver à la seconde option :

  • Achat du terrain 100% à crédit en 2009, avec un prêt sur 12 ans et un remboursement de capital dès le premier mois.
  • Utiliser notre apport pour les premières échéances de la maison et diminuer les intérêts intercalaires.

 

Les banques n’aiment pas (elles y gagnent moins), mais on a tout à fait le droit de faire ça. Le gain est très important :

  • 6 500 € d’intérêts intercalaires économisés
  • 6 000 € d’intérêts d’épargnes gagnés en laissant notre argent placé entre l’achat du terrain et la construction de la maison.

 

 

Négocier tout !

 

Le taux ! On y pense tous, d’ailleurs, on ne pense qu’à ça. Sauf que les banques se font une telle concurrence là dessus, qu’il n’y a pas grand chose à négocier (même s’il faut évidemment le faire). Les « à côté » par contre peuvent être juteux :

  • Assurance : c’est le cœur de la négociation. Les banques proposent de base des prix exorbitants, alors qu’en prenant une délégation, on peut faire beaucoup mieux. Pour notre cas, plus de 15 000 €.
  • Frais bancaires : pas besoin de passer par quatre chemin, on peut les ramener à… 0€. La banque gagne déjà sur les intérêts, pourquoi vous fait-elle payer des frais en plus ?
  • Caution : certaines cautions sont partiellement remboursables à la fin du prêt, il faut y penser.

 

Au final, nous avons gagné près de 50 000 € entre la première porte qu’on a poussé et la signature de notre prêt.

 

Renégocier !

 

C’est un second temps du financement, mais, les taux ont chuté entre 2009 et 2013. Nous avons donc repris notre bâton de pèlerin pour se recaler sur des taux beaucoup plus intéressant. Bilan, encore 30 000 € de gagné.

 

80 000 € d’économie, rien que sur les banques, c’est tout de même assez appréciable lorsqu’on est juste pour financer le projet.

 

Les aides n’existaient pas… ou presque (c’est toujours le cas)

 

Avec les publicités à la radio, on croit souvent que la construction de bâtiments basse consommation est massivement subventionnée… C’est faux ! Il y a des aides à la rénovation, pas à la construction.

 

Déduire les intérêts de l’emprunt

 

Lorsque nous avons fait construire, nous étions dans la période où les intérêts de l’emprunt pour les primo accédants étaient déductibles des impôts et il y avait alors un coup de pouce donné pour les maison labellisées BBC.

 

Normalement, le crédit d’impôt était de 40% la première année et de 20% les 4 années suivantes. Pour notre maison, nous avions 40 % de déduction des intérêts sur 7 ans. Le gain global est de 11 000 € (nous n’avons pas encore bénéficié de la totalité de la somme, mais cela fait 5 ans que nous ne payons plus d’impôts sur le revenus grâce à ce dispositif).

 

Cuve eau de pluie maison passiveLa difficulté a été principalement d‘obtenir la labellisation BBC, car la maison passive, même si elle consomme moins qu’une maison BBC ne remplit pas de manière immédiate tous les critères du Label BBC de l’époque. Il a fallu batailler un peu pour obtenir le Label.

 

Bénéficier du crédit d’impôt sur certains équipement

 

En 2010, certains équipements bénéficiaient du Crédit d’Impôt Développement Durable (CIDD) même sur des construction neuves. Nous avons pu bénéficier de :

  • 50% de CIDD sur le matériel pour notre chauffe eau solaire.
  • 25% de CIDD sur le matériel pour notre récupération d’eau de pluie.

 

A cela, s’ajoutait une aide de la région Haute Normandie de 1500 € sur la mise en place de notre chauffe eau solaire.

 

Le PREBAT : une bouffée d’air bien venue

 

Nous y reviendrons dans un prochain article, notre maison a été lauréate du concours PREBAT en région Haute Normandie. Ce n’est pas une aide, mais la récompense d’un concours pour lequel nous avions beaucoup travaillé. Par ailleurs, être lauréat de ce concours donne des droit et des devoirs (essentiellement de représentation).

 

Néanmoins, vu de notre portefeuille, l’aide PREBAT a été la bien venue : 40% du surcoût soit 35 000 €. Elle nous a permis de nous offrir le second œuvre à l’étage.

PREBAT haute normandie maison passive

La maison passive : difficile à financer au départ, mais un investissement rentable à long terme

 

100 000 € de surcoût (encore plus avec l’emprunt), c’est difficile à financer ! Compte tenu des aides et du concours PREBAT, notre surcoût est descendu à 45 000 €. Mais à long terme, la maison passive est rentable. Nous avons une économie d’énergie de 150 € par mois (coût de l’énergie 2010). Un calcul rapide donne 25 ans de retour sur investissement… si on ne compte pas l’inflation ! Mais les prix de l’électricité augmentent de 4% par an en moyenne, le retour sur investissement passe à 17 ans. Ensuite, la maison passive est moins cher que les autres bâtiments !
 
 




 
 
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Histoire de notre maison passive : le permis de construire

 
La genèse de notre projet de maison passive date de 2005. En 2008, stables professionnellement et prêts financièrement, nous avons commencé une phase plus active. Il a fallu trouver un terrain et un constructeur. Deux étapes sont encore préalable à la construction de la maison : l’obtention du permis de construire et le financement du projet.

Plan coupe permis de construire maison passive

Déposer un permis, c’est se plier à des contraintes lourdes

 

Un permis de construire, ce n’est pas si simple que cela, en effet, il existe de nombreuses règles qui s’empilent les unes aux autres et qui rendent le parcours parfois chaotique.

 

Les règles d’urbanisme

 

Dans chaque commune, il y a des règles différentes. De base, si rien n’est décidé dans la commune, nous sommes en loi RNU, il s’agit de règles minimums imposées par l’état. Si la commune a statué, il y a un PLU (Plan Local d’urbanisme) qui dicte une certain nombre de règles : couleurs, formes, ratio surface habitable/terrain, zones constructibles ou non…

Extrait PLU

Les règles de lotissement ou de quartier

 

Ce n’est pas le cas pour nous, mais si vous êtes dans un lotissement, il peut y avoir d’autre règles qui viennent s’ajouter !

 

Les règles en plus !

 

Selon l’endroit où vous vous trouvez, il peut y avoir des contraintes supplémentaires :

  • Monuments historiques
  • Parc naturel
  • Loi sur l’eau

 

Il faut donc naviguer au milieu de tout ça !

 

Certificat d’urbanisme – RNU – PLU, quel bazar !

 

Certificat d'urbanismeNotre terrain était dans un cas un peu particulier. Issu de la division d’une parcelle, il avait été viabilisé par l’ancien propriétaire. C’est à dire :

  • Division parcellaire réalisée par un géomètre expert sur une zone constructible
  • Arrivé des réseaux (électricité, eau, télécoms) en limite de propriété
  • Obtention d’un certificat d’urbanisme auprès de la commune

 

Ce terrain avait obtenu de certificat d’urbanisme début 2008, avec un validité d’un an. Courant 2008, la commune a mis en place un PLU… Donc, après l’obtention du certificat d’urbanisme. Cela impliquait que si nous déposions un permis de construire durant la validité du certificat d’urbanisme, les règles du nouveau PLU ne s’appliquaient pas.

 

Tant mieux, car le PLU voté était très contraignant, notamment sur la surface habitable possible (pour être plus précis, la Surface Hors d’œuvre Nette) limitée à 8% de la surface du terrain soit dans notre cas 150 m² et nous volions un peu plus.

 

Conclusion de l’affaire, notre projet était faisable si nous déposions un permis avant le 31/12/2008.

 

 

Les avis sont partagés !

 

Notre projet :

 

Sachant que nous n’avons pas la possibilité d’essuyer un refus faute de temps, nous avons décider de consulter au préalable les personnes qui donneront leur avis :

  • le Maire
  • la DDE (aujourd’hui DDTM)
  • le Parc Naturel Régional sur lequel notre commune se trouve

Et heureusement, pas les monument historique. Ouf, un monument classé se trouve à 1 km, la limite est à 800 m !

 

Monsieur le Maire n’aime pas notre projet !

 

Dès le départ, monsieur le Maire n’aime pas ! C’est une question de principe : les maisons écologiques n’ont aucun intérêt… Le bras de fer commence. Certes, nous ne sommes pas soumis au PLU, mais le Mairie assure qu’il bloquera si on ne se conforme pas un minimum à son PLU. Bref, il faut faire un compromis pour éviter un refus :

Il accepte :

  • L’étage complet
  • L’orientation

Il refuse :

  • Le bardage
  • Le toit plat

 

Grosse déception pour nous, il faudra une maison classique type lotissement !

 

L’architecte du parc naturel veut mettre un avis défavorable… Surprenant

 

Nous rencontrons aussi l’architecte du Parc Naturel. Dans un premier temps, elle se montre enthousiaste : une maison passive, c’est un plus pour le parc naturel.

Mais finalement, quelque chose ne lui plaît pas : elle estime que la maison doit impérativement être alignée sur les limites du terrain. Grosse surprise, nous argumentons directement qu’il s’agit du bon sens de la conception bioclimatique, la réponse est non !

Plan masse permis de construire maison passive

Nous choisissons de forcer un peu :

  • Nous obtenons un écrit de la DDE sur le fait qu’aucune règle impose l’alignement sur les limites du terrain.
  • Nous envoyons une photos aérienne sur laquelle, les bâtiments environnants construit avant guerre respectent tous les point cardinaux et non les limites de terrains (on devrait écouter les anciens).
  • L’argument énergétique : nous aurions eu un sur consommation de 30 % en ne respectant pas le bon sens bioclimatique. Si tous les logements de France s’alignaient sur les point cardinaux et non sur les clôtures, on pourrait fermer 8 centrales nucléaires !

 

Et de conclure : « Madame, voulez vous continuer à favoriser le développement de l’énergie nucléaire en France ? »

Travaillant pour un parc naturel, elle ne pouvait pas ne pas entendre notre argument. Nous avons obtenu gain de cause.

La DDE aime le projet

 

Alors que nous nous attendions a des services instructeur fermés. Ce sont eux qui nous aident à porter le projet. Ce sont eux qui ont fait plier le Maire et sur certains points et nous ont aidé à convaincre le Parc Naturel.

 

Le permis obtenus dans la douleur !

 

Maison Passive avec un toit terrasseCompte tenu des demandes du maire, du timing serré pour passer avant l’application du PLU et du mauvais choix d’entreprise que nous avions fait, mon épouse et moi  avons eu des sueurs froides et cela entre le 8 août 2008 (date de signature du compromis du terrain et le 28 janvier 2009, date d’obtention du permis.

 

Beaucoup de concessions esthétiques !

 

La Mairie nous a obligé à largement sacrifié l’esthétique de notre projet. Nous l’avons accepté car nous aimions le terrain et que nous avions privilégié le caractère thermique de la maison. Mais nous sommes passé du cube en bois au pavillon classique !

 

3D DESSUS1Passage au forceps sur le timing

 

Comme nous l’avions évoqué dans l’article sur le choix du constructeur, Logiconfor, que nous avions choisi à l’époque a été beaucoup plus efficace durant la phase commerciale que pour la concrétisation du projet. Nous les avons quitté avant de faire les travaux, mais nous avons tout de même déposé le permis avec eux.

 

Le certificat d’urbanisme avait été obtenu le 04/01/2008, il était valide jusqu’au 04/01/2009. Le PLU entrait en vigueur courant 2008, mais ne s’appliquait pas sur la parcelle tant que le CU était en cours de validité. Bref, notre projet était possible via un dépôt de permis avant le 04/01/2009. Compte tenu des fermeture de fin d’année de la mairie, cela nous ramenait au 19/12/2008.

 

Le délais de réponses des service instructeur étant au maximum de 2 mois, nous souhaitions initialement déposer le permis avant le 15/10/2008 pour avoir le temps d’essuyer un refus et de redéposer ! Le 15 octobre en question, le Maître d’œuvre et l’architecte n’avait encore rien fait. Le dépôt à eu lieu le 19/12/2008 à 18h, juste avant la fermeture de la Mairie. Bref, nous n’avions plus aucune marge de sécurité.

 

Le 19 Janvier 2009, nous avons eu le grand soulagement de voir que notre permis était accepté !

 

 
 
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Tesla présente une batterie pour « se passer des réseaux électriques »… et alors ?

 
Pour ceux qui suivent l’actu de l’environnement, cela ne vous a peut être pas échappé (pour les autres non plus, car Tesla est une entreprise qui fait facilement le buzz). Donc voici l’info lue sur le Monde : « La nouvelle batterie de Tesla peut-elle transformer « l’infrastructure énergétique » ? » (article disponible ici). Comme je suis considéré par certains de mes amis comme « l’expert sur les questions d’énergie », l’un d’entre eux m’a posé la question : qu’est ce que tu en pense ?

 

Alors voici donc ce que j’en pense !

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D’abord un petit résumé : Tesla, Elon Musk, des batteries… C’est quoi tout ça ?

 

Elon Musk est un entrepreneur atypique ! Ce sud-africain a émigré en Amérique du nord à la fin des années 80 pour y faire ses études. Pour financer tout cela, plutôt que d’aller balayer chez McDo, il préfère développer des logiciels et des sites web. A la fin des années 90 et au tournant de 2000, le choix est excellent ! En revendant les sociétés qu’il a co-fondé, notamment Paypal, il se retrouve presque milliardaire avant 30 ans.

Fortune faite, il aurait pu se retirer sur une île déserte et y vivre une vie rangée, mais il a décidé qu’il changerait le monde, il fonde alors deux sociétés :

  • Space X spécialisée dans le domaine spatial et qui réussit en quelques années le pari de produire une fusée privée capable de ravitailler la station spatial internationale. D’abords pris pour une hurluberlu, il rivalise aujourd’hui avec les grands nom du spatial comme Ariane.
  • Tesla : qui produit des batteries et des voitures électriques haut de gamme. Là encore, c’est une réussite et c’est cette entreprise qui nous intéresse.

 

Dans cet article je réagis à l’annonce par Tesla de la commercialisation de batteries pour rendre les habitations indépendantes du réseau électrique. Plus précisément, la combinaison de panneaux solaires et de ces batteries doivent permettre aux maisons de devenir autonomes en électricité.

 

Alors j’en pense quoi ? Et bien pas que du bien… Pourquoi ?

 

Des technologies high tech : est ce que c’est bien ?

 

Dans la technologie de Tesla, il s’agit de mettre des panneaux solaires sur tous les toits et les combiner à des batteries pour faire le tampon entre les heures d’ensoleillement et les heures de consommations. L’idée de base est excellente à première vue, mais elle comporte quelques défauts !
  • Les panneaux solaires : c’est cher, gourmand en énergie grise, gourmand en éléments rares, difficilement recyclable, un mauvais rendement, un production d’électricité en courant continu ;
  • Derrière les panneaux, il y a un onduleur (pour repasser en courant alternatif) : c’est cher, source de panne, des pertes en conversion, gourmand en éléments rares, difficilement recyclables ;
  • Enfin, il y a les batteries : c’est cher, gourmand en énergie grise, gourmand en éléments rares et en métaux lourds, difficilement recyclable, un mauvais rapport volume/capacité de stockage ;
Bref, on a une technologie high tech, chère, difficile à fabriquer, à paramétrer, à entretenir, à maintenir et à recycler, avec un mauvais rendement* et mal ciblé.
*Le rendement d’un panneau photovoltaïque est de moins de 20%, celui d’un onduleur d’environ 95% et celui d’une batterie de 90% : Il ne reste en bout de chaîne que 15 à 17 % de l’énergie reçue.
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Revenons sut le « mal ciblé »…

L’électricité : une partie mineur des problèmes d’énergie !

 

Les besoins énergétiques de l’humanités sont essentiellement des besoins de chaleur et de mobilité. L’électricité ne représente que 25% des besoins (encore mois si on ne faisait de l’électricité QUE pour ce qui est nécessaire, j’entends par là que le chauffage électrique hors pompe à chaleur est une aberration).
Source  : Connaissance des énergies

Source : Connaissance des énergies

Plutôt que de saturer l’espace des toitures en panneaux photovoltaïques, mettons des panneaux solaires thermiques : soit un tuyau sous une plaque de verre ! C’est pas cher, ça a une excellent rendement (proche de 100%), ça peut être fabriqué chez le soudeur du coin et ça produit de la chaleur : utile pour le chauffage et l’eau chaude et surtout : stockable (dans un ballon d’eau chaude, qu’on peut aussi produire chez le soudeur du coin).
Evidemment la chaleur ne fait pas fonctionner toute la maison (il faut inventer l’aspirateur thermique !) et les besoins de chaleur sont en hiver quand il n’y a pas de soleil.
  • Déjà, il convient de bien isoler les bâtiments (encore une solution low tech made in France) pour diminuer les besoins de chaleur ;
  • Ensuite, on commence à mettre en oeuvre des solutions de stockage saisonnier (en mettant de gros volume d’eau (voir de saumure) sous terre, qu’on chauffe très fort en été et dans lesquels on puise en hiver. Voir même encore plus simple, on chauffe bêtement la terre en dessous du bâtiment en été et on récupère cette chaleur en hivers avec un puits canadien ou une pompe à chaleur. Encore des solutions assez simple.

 

Produire électricité et chaleur !

 

 

Sunmachine

Sunmachine

On va plus loin ?
Avec la chaleur, on peut produire… de l’électricité (en courant alternatif en plus !). Comment on fait ? Derrière notre panneaux solaire, on met un générateur stiriling (qui peut se fabriquer chez le soudeur du coin). Il peut produire facilement de l’électricité à partir de la chaleur avec un rendement supérieur au photovoltaïque. On fait alors une cogénération pilotable : on fait entre 65% et 100 % de chaleur stockée au besoin et entre 0 et 35% d’électricité au besoin. Evidemment, le pilotage d’un tel système est high tech, mais c’est la seule partie made in Asie !

 

Raisonner en termes de quartier et non de logement.

Encore une marche supplémentaire !
Plutôt que de mettre un stirling dans chaque logement, on raisonne par quartier et on ajoute une chaufferie à bois (énergie renouvelable prévisible et disponible en France en hiver). on a donc :
  • des panneaux solaire thermique sur tous les toits ;
  • une chaudière bois centralisée pour le quartier ;
  • un réseau local de chaleur ;
  • un stockage local de chaleur ;
  • un système de cogénération électricité chaleur ;
Le tout avec un contrat de pilotage et de maintenance bien négocié (puisqu’il y a un peu de volume).

Ou est la batterie là dedans ?

 

Dernier étage de la fusée, le smartgrid ! Plutôt que d’utiliser des systèmes de stockage par batterie, utilisons le réseau. L’électricité traversant instantanément des milliers de kilomètres, il y a peut être quelqu’un qui en a besoin au moment où on la produit. Lorsque qu’il n’y a ni besoin de chaleur ni d’électricité dans le quartier, on peut soit stocker la chaleur dans le sous sol, soit le réseaux demande de l’électricité car il y a un besoin ailleurs.
Dans ce cas, la batterie individuelle devient presque superflue…
J’en pense donc juste cela !

Maintenant, Elon Musk est capable de révolutionner le monde, il en a les moyen, qu’il n’hésite pas ! Car même des idées perfectible sont meilleur que d’attendre à ne rien faire !

 
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Un mix électrique 100% renouvelable en 2050 selon l’ADEME : possible mais… (2/2)




 

 

Un mix électrique 100 % issu des énergies renouvelables en France en 2050. Un rapport de l’ADEME indique que c’est possible. Dans l’article précédant, j’avais évoqué le fait que si ce mix électrique était souhaitable, il ne semble pas qu’il soit prioritaire. En effet, ce mix électrique permet de sortir la France du nucléaire… Mais n’a que peu d’impact sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment issu de l’automobile et du chauffage des bâtiments.

Voyons maintenant comment utiliser les énergies renouvelables de manière plus efficace et intelligente.

Panneaux solaire maison passive

Utiliser le potentiel renouvelable sur la chaleur et la mobilité ?

 

Dans le mix électrique renouvelable proposé par l’ADEME, on trouve des énergies renouvelables purement électriques :

Mais on trouve aussi des énergies renouvelables valorisables en chaleur :

  • Bois
  • Solaire
  • Géothermie

Enfin, on trouve une énergie renouvelable valorisable en mobilité :

 

Utilisation du biogaz

 

Sur le dernier point, je n’ai aucun doute que la meilleure utilisation du biogaz soit dans les usages de mobilité et d’agriculture :

  • Le biogaz est produit à la ferme, il doit donc permettre prioritairement de faire fonctionner les machines agricoles et les besoins de chaleur.
  • Le reste peut tout à fait être utiliser pour faire rouler des véhicules (par exemple des bus).

L’avantage d’utiliser le biogaz, c’est de remplacer deux produits importés et fossiles (le pétrole et le gaz) par un produit renouvelable local. N’attendez pas des miracles, cela ne fera jamais rouler tout le parc automobile, mais chaque litre de carburant économisé est une avancée majeur.

Methaniseur

 

 Utilisation du solaire

 

Il y a deux façon d’utiliser l’énergie solaire :

Les premiers ont un rendement médiocre. Par ailleurs, installés en toiture, il ne correspondent pas aux besoin du bâtiment qui est en dessous (qui a besoin de chauffage et d’eau chaude).

 

A mon avis, il faut plus privilégier le solaire thermique pour les besoins de chaleurs domestiques. L’enjeu est d’arriver à mettre en place des stockages saisonniers de la chaleur pour que le soleil de l’été puisse servir de chauffage en hiver.

 

Utilisation du bois

 

Le bois est déjà aujourd’hui un élément majeur du chauffage domestique. Il peut continuer ainsi et même s’étendre. L’utilisation du bois peut se faire dans des chaufferies de quartier. C’est un excellent complément du solaire thermique.

 

Continuer l’éolien pour l’électricité

 

Dans le mix électrique, il reste donc l’éolien qu’il convient de développer massivement.

Centrale éolienne le Bois Cheneau - Oinville Saint Liphard

Compte tenu de ces choix, il n’y aurait certes pas 100 % d’électricité renouvelables, mais des choix intéressants sont fait aussi sur la mobilité et la chaleur.

 

Cogénération

 

Vous connaissez ? Cela veut dire produire électricité et chaleur. C’est un mode de production adapté aux EnR thermique (solaire, bois, biogaz, géothermie).

En fait, ces énergies produisent de la chaleur, mais cette chaleur est convertible pour partie en électricité (environ 30%). Il est donc possible de valoriser ces énergies dans les deux domaines, électricité et chaleur. Evidemment, cela coûte un peu plus cher, mais cela à l’avantage aussi de pouvoir équilibrer le réseaux électrique lorsque les éoliennes ne tournent pas.

 

N’oubliez pas les économies d’énergie !

 

Ce rapport de l’ADEME ne se préoccupe que de la production électrique, mais pas de la consommation. Ce dernier point est à travailler !

Il faut bien se rendre compte que l’électricité ne sera pas l’énergie qui baissera le plus, car elle est la seule utilisable pour un grand nombre d’applications modernes liés notamment aux technologies de l’information et de la télécommunication.

 

En conséquence, il va falloir trouver des sources d’économies d’énergies massives dans deux domaines :

  • Le bâtiment et c’est très facile techniquement en isolant. Par contre cela demande de lourd investissement en travaux.
  • Les déplacements : là il y a tout à revoir, le carburant, les véhicules, les comportements, l’urbanisme… C’est très lourd, mais c’est l’un des principaux nœuds du problème.

 
 



 
 

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