Lettre ouverte au collectif Méthaniz’ailleurs

Mesdames et Messieurs les membres du collectif Méthaniz’ailleur,

 

Je me permets de prendre ma plume (enfin mon clavier) suite à la réunion publique que vous avez organisé à Honguemare le 25 juillet dernier.

 

Qui je suis ?

 

Je m’appelle Quentin Delescluse, j’ai 31 ans, j’ai deux enfants et je réside à Hauville depuis 2010.

En premier lieu, afin d’éviter toute polémique, je tiens à préciser que je ne connais Monsieur Michel Dezellus ni de prêt, ni de loin et que je ne suis pas rémunéré pour la teneur de la lettre que j’écris. Je suis juste riverain, engagé pour la planète, défenseur des énergies renouvelables et des économies d’énergies. D’ailleurs, je ne suis pas passif dans ce domaine : je travaille dans l’éolien et j’ai fait construire à Hauville l’une des 100 maisons les plus performantes de France. La région Haute Normandie a d’ailleurs primé notre projet en 2010.


Généralités sur notre avenir énergétique

 

Avant de se focaliser sur le projet de méthaniseur à Honguemare, je voulais rappeler quelques généralités. Actuellement, en termes d’énergie primaire, notre consommation se décompose ainsi :

consommation_denergie_primaire_en_france

Quelques petits commentaires s’imposent :

 

  • Le nucléaire représente 40% de notre énergie primaire. Aujourd’hui, la France émet moins de C02 que l’Allemagne grâce à cette ressource. Mais… nous avons des déchets sur les bras pour des millions d’années. On s’en fiche, d’ici là on sera mort ! Bon alors regardons à court terme : nos centrales ont presque toutes été construite entre 75 et 95, c’est-à-dire sur 20 ans. Leur durée de vie est de 40 ans, donc, entre 2015 et 2035, il faudra faire un choix. Soit les renouveler, soit les prolonger, soit les remplacer par autre chose. Dans le premier cas, ce sera ruineux, dans le second cas, ce sera dangereux, et le 3ème cas ? On n’a pas trouvé.

 

  • Le pétrole, le gaz naturel et le charbon représentent la moitié de notre consommation. Et là, on le sait déjà, l’impact sur la santé, sur les portes monnaie et sur l’équilibre commercial de la France est déjà un désastre absolu.

 

 

  • Reste les énergies renouvelables et les 8%, vous savez ce que c’est ? Essentiellement du bois dans vos cheminées et des barrages. Pour ces derniers, les rivières du pays sont déjà très fortement équipées et il sera difficile de faire mieux.

 

Mais où sont les panneaux solaires, les éoliennes et les méthaniseurs ? Cela ne représente qu’une petite fraction de la partie verte du camembert.

 

Bref, sur 40% de l’énergie, c’est du nucléaire, c’est dangereux et on n’en veut plus. Sur 50%, il s’agit de combustibles fossiles qui nous empoisonnent déjà. On a donc en France (et dans le monde) un tout petit problème qui ne porte que sur… 90% de l’énergie. Oh, ce n’est pas grand-chose juste 90%.

 

Mais attention, nous voulons continuer à pourvoir nous déplacer facilement et avoir chaud l’hiver. Il nous faut donc juste remplacer 90% de notre énergie actuelle par des énergies renouvelables. C’est facile disons 1/3 biomasse, 1/3 éoliennes et 1/3 solaire. Mais ça représente quoi ?

  • 30 000 éoliennes
  • 10 000 unités de biomasse
  • 80 000 000 m² de panneaux solaires

Ah quand même ? Une commune sur trois devra donc être équipée d’une unité biomasse !?

 

Rassurez-vous, ce scénario est impossible (enfin ce n’est finalement pas si rassurant) :

  • Trop cher
  • Les ressources renouvelables sont insuffisantes.
  • L’intermittence de ces systèmes de production entrainerait de graves problèmes sur le réseau.

 

Mais quelque soit le scénario énergétique à avenir, il coûtera très cher :

  • Pour le nucléaire, les besoins en terme de sécurité et le remplacement des réacteurs actuels est hors de prix.

 

  • Pour les énergies fossiles : afin d’utiliser les ressources restantes, nous serons en concurrence avec des pays comme la Chine qui seront prêts à payer très cher. Nous ne pourront pas suivre. C’est déjà le cas. Apprêtez vous donc à ce que nourrir votre voiture devienne un gouffre.

 

  • Pour les énergies renouvelables : il y a tout à faire et chaque projet soulève l’opposition des voisins (comme vous !). Je le vis dans l’éolien à titre professionnel et voici que je le vis en biomasse en temps que riverain. Le Français aime les énergies renouvelables… tant que ce n’est pas à côté de chez lui. Le problème, c’est qu’en déplaçant le projet loin de chez ce français, on trouve un autre français et ainsi de suite. Aujourd’hui la France est extrêmement en retard dans ce domaine.
  • Enfin et c’est la pierre angulaire de la solution énergétique : les économies d’énergies. Mais pour cela, il va falloir faire des travaux dans les maisons et cela coûtera très cher à chaque propriétaire (donc à vous aussi). De plus, il faudra passer en modèle basse consommation pas moins de 30 000 000 de logements en 40 ans. La tâche est quasiment impossible.

 

Méthaniseur… ou pas, il y a de forte chance que la valeur de nos habitations baisse.

 

L’argument principal de tout collectif d’opposants à n’importe quel projet (autoroute, parc éolien, aéroport, ligne TGV, centrale nucléaire, canal, ligne électrique, tout !) est de dire : « La valeur de votre logement va baisser ». L’argument fait mouche à tous les coups car on s’est tous saigné pour acheter notre bien immobilier et la banque est en général plus propriétaire que nous (moi le premier).

 

Ceux qui vous disent que la valeur de votre bien va baisser à cause de tel ou tel projet, vous mentent ! Ils ne vous mentent pas sur la réalité de la baisse, ils vous mentent sur les causes.

 

Moi, je vous affirme aujourd’hui que la valeur de votre bien immobilier en euros constant va baisser. Mais voici les raisons :

 

  • L’immobilier en général va baisser car nous sommes au sommet d’une bulle immobilière. Les prix sont aujourd’hui déconnectés de la réalité financière des français.

 

  • La France s’appauvrit  d’année en année, et les français avec (en grande partie à cause du pétrole d’ailleurs). Aussi, il va devenir difficile de vendre des logements hors de prix à des chômeurs et des précaires.
  • Les maisons sont des passoires thermiques : si vous ne faîtes pas rapidement des travaux pour arriver à des niveaux proche du BBC, le coût de votre emprunt deviendra le cadet de vos soucis face à votre facture de chauffage.

 

  • Le Roumois est une zone voiture : Essayez de vous déplacer autrement qu’en voiture dans le Roumois, vous allez vite déchanter. Les 80 km d’autoroute (aller-retour) pour atteindre l’agglomération Rouennaise vont vite devenir financièrement pénibles au niveau du carburant. Bref, la zone ne sera plus attrayante.

 

Tout cela implique que : la valeur de votre logement baissera tôt ou tard.

 

Ce que je pense du projet de M. Michel Dezellus

 

Le fond de ma pensée est que le projet de M. Michel Dezellus n’est pas le meilleur projet loin de là. Mais son mérite est d’exister !

 

Plutôt que de dire qu’il ne faut pas le faire, voici la vision que j’ai d’un bon projet :

 

Nous sommes déjà capables de faire de l’électricité décarbonée et bon marché (merci le nucléaire, enfin merci aujourd’hui, on verra la suite dans l’avenir). Par contre au niveau des transports, nous sommes dépendants à 98% du pétrole que nous achetons (cher) chez nos « amis » saoudiens.

 

Il se trouve que le gaz peut aisément remplacer le pétrole pour faire tourner les moteurs. Attention, pas le gaz de Poutine, on déplace le problème des Saoudiens vers les Russes sans régler celui de l’environnement, le gaz produit chez nous !


Mon choix n°1 de méthaniseur : Faire du biogaz pour l’utiliser dans les moteurs

 

C’est-à-dire : plutôt de monter une centrale électrique, on monte une cuve de stockage de méthane.

Pourquoi utiliser ce méthane ?

  1. Pour faire tourner les engins agricoles. Cela demande à M. Michel Dezellus et à ses confrères d’investir dans du matériel différents. Mais ils ne payent plus leur fioul.
  2. Mettre le reste s’il y en a, à disposition du public. Cela nous oblige à acheter des voitures au gaz, mais le carburant sera à un tarif préférentiel.

 

C’est à mes yeux une excellente solution, car, notre premier problème dans les années à venir viendra des transports ! Evidemment, nous ne remplacerons pas le pétrole avec le méthaniseur d’Honguemare, mais une petite partie.

 

Je sais pertinemment que Michel Dezellus ne fera jamais cela faute de rentabilité (enfin faute de subventions qui aideraient la rentabilité).

Mon choix n°2 de méthaniseur : faire du biogaz pour l’injecter dans un réseau de gaz de ville.

 

Vous allez me dire, on n’a pas le gaz de ville ! Cela peut se construire avec quelques kilomètres de tranchées. Tous les foyers actuellement équipés de chaudière au fioul ou au gaz naturel n’auraient aucuns travaux à faire dans leur maison. Pour les autres, c’est peut être une opportunité.

 

Malheureusement, pour ces mêmes raisons d’aides et de rentabilité, cela ne se fera pas non plus !

Mon choix n°3 de méthaniseur : une centrale à gaz en cogénération avec un réseau de chaleur.

 

On revient sur un projet proche de celui de Michel Dezellus, c’est-à-dire une centrale électrique de 2 MW.

Le problème avec les machines thermiques, c’est leur rendement. Lorsqu’on brûle du gaz :

  • On produit 30% d’électricité
  • Et 70 % de chaleur

 

Jusqu’à très récemment, la France ne s’est jamais intéressée à cette chaleur (il s’agit en fait d’eau chaude), par exemple, dans les centrales nucléaires ou thermiques à flamme, on réchauffe les poissons des rivières (qui en meurent d’ailleurs).

Mais la crise de l’énergie donne des idées. Une eau à moins de 100°C, ne peut-on vraiment rien en faire ?

 

La solution : un réseau de chaleur ! C’est quoi, l’eau qui va sortir du réseau de refroidissement de la centrale ne va pas être évacuée dans le nature mais on la fait circuler dans un tuyau qui passe chez vous pour chauffer vos radiateur et votre ballon d’eau chaude.

 

Comme pour le gaz, cela demande un investissement en pose de tuyaux et des travaux dans certains logements, mais l’énergie ensuite distribuée est nettement moins chère.

 

Mais peut-on envisager économiquement ce type de réseau sur les hameaux du coin, j’ai des doutes.

Que fait Michel Dezellus avec sont projet

 

Le projet de Michel Dezellus est basé sur une production d’électricité avec une turbine à gaz et un réseau de chaleur pour cultiver de la spiruline.

 

C’est donc avant tout une question de finances :

  • Une valorisation en gaz couterai cher en réseaux ou en stockage et nécessiterai de changer le matériel agricole, même si j’y suis hyper favorable, aucun agriculteur ne fera cela en 2013 ou 2014 car le fioul n’est pas assez cher.

 

  • La production d’électricité est plus « rentable économiquement » sans l’être écologiquement. En fait, comme il est très simple de compter l’électricité produite, l’état a mis en place un tarif de rachat de l’électricité produite à partir du biogaz. De la part de l’état c’est un non sens car il paye pour remplacer du nucléaire qui n’impacte pas la balance commerciale et ne favorise par le remplacement du pétrole qui, lui, représente 80% du déficit extérieur. Si Michel Dezellus valorise ainsi son méthane, c’est à cause des mécanismes de l’état qui va lui permettre de bénéficier d’un tarif de rachat avantageux pour son électricité. Il ne fait que saisir l’opportunité.

 

Mais ce n’est pas tout, que fait-on alors des 70% de chaleur ?

Plus la chaleur est valorisée, plus l’état rachète chère l’électricité produite. Michel Dezellus a donc tout intérêt à valoriser se chaleur. Le problème, c’est qu’en zone rurale, il est difficile et cher de valoriser la chaleur sous forme de chauffage urbain (voir paragraphe précédant) C’est pourquoi, il compte faire de la spiruline sous serre.

 

En soit, ce système n’est pas totalement mauvais, car le méthane est tout de même valorisé alors qu’il est aujourd’hui bêtement perdu dans l’atmosphère (pire, c’est un puissant gaz à effet de serre).

Par contre, il est possible et même probable que Michel Dezellus se serve de sa chaleur plus pour sécher son digestat que pour faire de la spiruline. Restons vigilants.


Et l’emplacement de l’unité de méthanisation ?

 

C’est votre cheval de bataille, déplacer cette unité de méthanisation ? La placer oui, mais où ?

 

En premier lieu, M. Michel Dezellus est le plus gros fournisseur de fumier pour le méthaniseur, ainsi, plus on s’éloigne de se ferme, plus cela fera de trafic sur les routes !

Oui, il faut bien garder cela à l’esprit.

 

D’autre part, encore pour des raisons d’approvisionnement, il ne faut pas s’éloigner trop de la RD 313 qui est la meilleure voirie lourde du secteur.

 

Enfin, nous sommes dans une région d’élevage, ce qui coïncide toujours à un habitat dispersé. Il n’existe donc pas de zone dans le secteur qui soient à plus de 500 m de toute habitation. Vous savez comment je peux l’affirmer ? Si ces zones existaient, vous auriez déjà 10 développeurs de parcs éoliens sur le dos ! Et peut être seriez vous à la tête d’une association contre les éoliennes ?

 

En même temps, je concède bien qu’une distance de 300 m aux habitations pourrait être envisagée assez facilement.

La conscience écologiste de M. Michel Dezellus

 

Mon avis personnel est que M. Michel Dezellus ne fait pas ce projet pas conscience écologiste pure, je n’y crois pas. Je n’hésite même pas à dire qu’il y a aussi une motivation pécuniaire car son projet sera rentable ou ne se fera pas.

 

D’ailleurs, je pense que les panneaux photovoltaïques sont un non sens écologique en Haute Normandie. Ainsi, les toits solaires que Michel Dezellus a fait sur ses hangars est générateur de plus de CO2 que s’il n’avait rien fait (l’explication est longue, je ne la mets pas là, mais je la livre à qui le souhaite).

 

A mon sens il aurait été bien plus important de s’opposer à ces panneaux photovoltaïques qu’au méthaniseur.

 

Pour ma part, je suis un pragmatique, lorsque nous obtenons des parcs éoliens, nos interlocuteurs sont très souvent des exploitants agricoles de cette trempe. Ce que je dis, c’est que peut importe leur motivation écologiste, s’ils sont entreprenant et que des projets d’énergies renouvelables se font grâce à eux, je signe.

 

Car aujourd’hui, c’est le seul qui a un projet de méthanisation dans le secteur, ce n’est pas vous ni moi. Pourtant, la méthanisation est devenue urgemment un « mal » nécessaire.

 

Un gros mot, parlons pognon !

 

Derrière tout cela, il y a bien sûr des histoires de gros sous ! Mais ce n’est pas un gros mot ! Tout investissement est une histoire de gros sous.

 

Je n’ai pas de chiffres sur ce projet, mais je me suis renseigné auprès d’un ami qui dirige une entreprise de développement d’unités de méthanisation.

 

La rentabilité d’un tel projet avoisine normalement les 10%. Ne voyez pas cela comme une manne à comparer à votre livret A.  En fait, le projet est financièrement risqué (pannes, maintenances, rupture d’approvisionnement…) il est très facile sur une année de passer dans le rouge. Aussi, le banquier n’apportera sa contribution que s’il est sûr d’être remboursé. D’où une exigence d’une certaine rentabilité théorique.

 

L’investissement de départ de ce type de projet tourne entre 5 et 10 millions d’euros. 10% de rendement ne veut pas dire que Michel Dezellus va se mettre 500 000 €/an dans les poches. En effet, à moins que Michel Dezellus soit capable de payer cash, il faut en passer par l’emprunt. Grosso modo, l’investisseur (Michel Dezellus) doit apporter 20% de la somme, la banque, le reste. Ensuite, il faut rembourser. Pour cela, la banque se sert en première sur les revenus de l’installation et s’il y a des surplus, elle peut demander à ce qu’il ne soit pas reversés à l’investisseur, mais gardés en réserve pour les années de vaches maigres.

 

Bref, c’est un projet certainement rentable, mais risqué financièrement et long terme.

 

Revenons maintenant vers vous, membres du collectif Méthaniz’ailleurs.


Notre cadre de vie actuel est plus risqué qu’il n’y paraît !

 

Dans votre discours, il me semble que vous oubliez les risques et nuisances actuels qui pèsent sur notre cadre de vie. Je pense qu’ils sont mille fois pire que le méthqiseur, voici donc la liste non exhaustive de l’épée de Damoclès déjà présente sur nos têtes.

 

Le réseau de transport routier

 

Aujourd’hui, nous vivons près de trois axes routiers majeurs qui génèrent chacun un trafic de plusieurs milliers de véhicules par jour dont une part non négligeable vient des camions :

  • L’Autoroute A13
  • L’Autoroute A28
  • La D313

 

Il y a trois nuisances majeures :

  • L’intoxication : chaque jour, le trafic routier sur ces axes déverse dans l’air qu’on respire du CO2 (effet de serre), du monoxyde de Carbone (mortel à faible dose),  Oxydes d’azote, hydrocarbures imbrûlés et Ozone (toxiques) et particules fines (hautement cancérigènes).

 

  • Les accidents : La route tue tranquillement chaque jour. Près de chez nous, en 1997, l’A13 a tué 10 personnes en un seul accident. L’école du Landin donne directement sur la RD 313. Mais à ce jour, personne n’a monté de collectif pour supprimer la RD 313 et l’A13. Qu’attendez-vous ?

 

  • Le bruit : J’entends l’A13 depuis chez moi à 4 km !

 

Vous êtes contre le méthaniseur pour l’avenir de vos enfants ? Alors soyez cohérant, soyez aussi contre votre voiture qui gaze déjà vos enfants !

 

L’oléoduc

 

Oui, il y a un oléoduc haute-pression qui traverse la commune de Hongumare en passant d’ailleurs seulement à quelques centaines de mètres de l’école maternelle !

Vous pouvez vous en convaincre en cherchant les poteaux avec un petit chapeau et les petites bornes orange dans les champs et sur les bords des routes. Allez aussi voir ce qui est écris dessus.

 

Vous avez peur de la proximité entre la ligne haute tension et le méthaniseur ? Mais pas du croisement entre l’oléoduc et les lignes hautes tension.

 

Et puis, le pétrole ça fait tourner vos voitures pour aller acheter des produits chinois au supermarché. Alors, les nuisances et les risques, dans ce cas, on s’assoit dessus.

Lignes haute tension

 

Vous avez remarqué ces beaux poteaux électriques qui traversent la RD 313 entre l’A13 et le Froc Pinel ?

 

Deux lignes 225 000 V et une ligne 400 000 V, elles conduisent l’électricité depuis la Centrale Nucléaire de Flamanville et la Central à Charbon du Havre (oui on fait encore tourner des centrales au charbon en France en 2013) vers l’agglomération Rouennaise et Parisienne.

 

D’autre part, plus petite mais plus proche des habitations il y a la ligne 90 000 V qui traverse le Landin.

 

Une ligne électrique ça n’a pas d’autres nuisances que visuelles ! Êtes-vous sûrs ?

 

Personnellement, je me méfie comme de la peste des champs électromagnétiques, générés pas ces lignes, dangereux pour la santé à plusieurs dizaines de mètres (certainement pour les enfants de l’école du Landin).

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L’agriculture

 

Nous vivons dans une zone agricole, la nature, le bon air sain de la campagne… L’air sain de la campagne ?

 

  • Produits phytosanitaires versés sur les champs à longueur d’année : toxiques, cancérigènes !

 

  • L’élevage n’est pas en reste !  Vous avez peur du méthaniseur ? Mais les vaches et les cochons n’ont pas attendu le méthaniseur faire caca. On appelle cela les fumiers et lisiers. Aujourd’hui, ils sont entreposés à l’air libre et dégagent… ? Le fameux méthane, incolore, inodore, certes, mais c’est un puissant gaz à effet de serre (23 fois plus puissant que le CO2), ainsi, l’élevage est responsable de 18% du réchauffement climatique via ce méthane.

 

D’autre part, les déjections animales rejettent aussi du sulfure d’hydrogène, très odorant mais aussi et surtout toxique. Sans parler des pollutions sur les nappes phréatiques.

 

L’industrie

 

Malgré l’impression de campagne que nous avons, la basse Seine reste une des régions les plus industrielles d’Europe avec les risques et les nuisances qui vont avec. Sans revenir sur l’épisode Lubrisol, je citerai tout de même deux noms :

  • Port Jérôme et sa raffinerie.
  • L’usine Grande paroisse d’engrais chimique à grand Quevilly.

 

Rien que pour ces deux sites industriels, nous vivons dans un environnement pollué et risqué (même malgré la distance).

 

Le tabac ?

 

Certains membres du collectif doivent être fumeurs, je m’adresse donc à eux pour ce paragraphe. Il me semble que cela comporte des risques et des nuisances pour eux-mêmes comme pour leur entourage (les enfants ?). Des risques choisis et assumés !

 

Comment pouvez vous parler de rejets toxiques d’une usine à proximité de chez vous quand vous choisissez délibérément d’en inhaler directement chaque jour !

 

Comment pouvez vous parler de baisse de la valeur de votre maison quand vous laisser partir 2 500 €/an en fumée (ou 25 000 € en dix ans soit certainement la baisse que vous imaginer pour votre maison).

Ma conclusion sur les risques actuels

 

Si on cumule toutes les nuisances que nous subissons et acceptons au quotidien, je pense qu’il faut garder la tête froide par rapport à un projet de méthanisation même s’il se trouve près de chez vous, il n’est qu’une nuisance mineure qui vient en supplément de nuisances actuelles lourdes mais qui en évite d’autres.

 

Projet de Méthanisation Michel Dezellus : rapport bénéfices/risques

 

Quand on regarde un projet nouveau, quel qu’il soit, il ne faut pas le regarder qu’à l’aune des nuisances nouvelles, mais aussi des bénéfices apportés. Faisons donc cet exercice ici.

 

Les bénéfices

 

Enfin in traitement des déchets agricoles, qui plus est, les valorise. Qu’est ce que cela veut dire ?

 

  • Moins de dégagement de méthane dans l’atmosphère, puisqu’on le récupère. Sachant que ce méthane sera brulé, on dégagera du CO2. Ça paraît être un non sens, mais le méthane est 23 fois plus puissant que le CO2 en termes d’effet de serre. Donc parfois (et c’est le cas ici), on diminue l’effet de serre en dégageant du CO2.

 

  • Production d’électricité à partir d’énergie renouvelable (en remplacement d’énergie nucléaire). La production d’électricité du méthaniseur couvrira les besoins électriques de 3000 personnes (soit plus que la population des communes avoisinante).

 

 

  • Moins de pollution des sols par ruissellement des eaux polluées par les fumiers entreposés partout.

Ce qui est neutre

 

Le méthaniseur apportera des changements qui n’auront pas d’impact, ni positifs, ni négatifs :

  • Le trafic routier sur la RD 313, 10 camions de plus ou de moins chaque jours ne changeront rien au trafic actuel
  • Les rejets globaux de sulfures d’hydrogène
  • L’impact à plus de 300 m du méthaniseur
  • L’impact sur les lignes haute-tension
  • Les risques corporels pour les personnes qui ne sont pas à l’intérieur du méthaniseur (donc les riverains).

 

Ce qui est négatif

 

  • Les odeurs : mais il faut savoir qu’elles existent déjà en grande partie dans la ferme.
  • Le risque industriel : mais il est assez limité.
  • Le risque routier au croisement avec la RD313 et l’accès à la ferme.

 

Ce qui doit vous rassurer c’est que dans les premiers riverains, il y a Michel Dezellus et sa famille. Je pense qu’il n’a aucun intérêt à avoir des nuisances et des risques élevés à proximité de chez lui.

 

A mon sens les bénéfices sont très supérieurs aux risques. Donc ce type de projet est intéressant même malgré ses défauts.

Sur quoi faut-il être vigilant ?

 

Afin de s’assurer de ce qui est dans sa déclaration ICPE afin de voir ce qu’il a le droit de faire entrer dans son unité.

 

Il faut aussi s’assurer qu’il ne compte pas déposer dans le futur une nouvelle demande ICPE pour étendre ses droits à méthaniser des déchets non souhaités par les riverains.

 

Plutôt que de s’opposer, voici deux proposition

Ouverture du capital du projet de Michel Dezellus

 

Exiger de Michel Dezellus que son projet soit la propriété d’une société support de projet à capital ouvert au riverains des communes alentours. C’est-à-dire que tout le monde peut entrer au capital et devenir actionnaire de cette société.

Quels avantages ?

  • La nécessité de faire des assemblées générales annuelles avec votes des actionnaires.
  • La nécessité d’informer les actionnaires.
  • Droit des actionnaires d’avoir un regard critique sur la politique de la société (donc du mathaniseur).
  • La participation aux éventuels bénéfices.

 

Ainsi, pas besoin de demandes de  garanties ou de contrôle, les riverains l’ont en permanence.

 

 

Montage d’un contre projet citoyen

 

Vous dites ne pas être contre la méthanisation. Vous dites être contre ce projet et le fait qu’il ne bénéficie qu’à une seule personne.

 

Mais où est votre contre-projet ?

 

Proposez une alternative présentant les caractéristiques suivantes :

  • Financement citoyen.
  • Eloignement suffisant des habitations.
  • Garanties écologiques.
  • Valorisation du gaz au bénéfice de la population.
  • Rentable (sinon les banques ne financeront pas).
  • Garanties de sérieux et de sécurité sur la maintenance et l’exploitation

 

Si vous êtes en mesure de proposer ce type de projet, alors je serai avec vous, mais aujourd’hui, ce n’est pas le cas.

 

Conclusion

 

Mesdames, messieurs, l’opposition stérile mènera droit à un méthaniseur que vous ne voulez pas.

Soyez (et même soyons) constructifs et participons à ce projet pour le réaliser avec Michel Dezellus (et non contre lui) dans un but de garder la main sur les nuisances éventuelles. Ou bien faisons en un autre.

 

J’attends votre réponse et suis prêt à débattre de ce sujet avec vous !

 

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(2 commentaires)

  1. DEBRUN

    Bonjour,

    j’ai rarement lu un article aussi bien argumenté.

  2. adeline

    Bravo pour cet article et ces explications claires et précises.Nous partageons pleinement votre point de vue. Nous sommes agriculteurs et éleveurs et dans un souci d’avenir, nous avons un projet de méthanisation agricole. Nous sommes très en retard en France….La complexité administrative est une des raisons.

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