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Fév 10

Les matériaux de construction (partie 1) : les procédés classiques

 

Objectif 15 - construction - rénovation

 

Il y a 10 ans, presque personne ne se posait la question des matériaux de construction. Un immeuble ? Du béton. Une maison ? Des parpaings… Malheureusement, ces matériaux sont des catastrophes thermiques s’ils ne sont pas accompagnés d’un bon isolant.

Parpaing_construction

Aujourd’hui, avec les nouvelles normes thermiques, s’ils ne sont pas proscrits, ils sont largement concurrencés par des produits nouveaux ou néo-traditionnels, souvent plus performants.

Alors, briques alvéolées, ossatures bois, béton cellulaire, chanvre, paille… Que faut-il penser de tout cela? Petit tour d’horizon !

Au préalable, si vous ne maîtrisez pas les termes conductivité thermique ou résistance thermique, regardez cette vidéo.

1. Le béton : solidement ancré dans l’esprit des Français.

1.1. Le béton « plein »

Très utilisés pour les immeubles, les murs porteurs en béton banchés sont très bons pour faire une structure porteuse. Beaucoup moins pour isoler.

Le coefficient de conductivité de ce matériau est : λ = 1.6 W/m.°C

Si on a un mur béton de 20 cm d’épaisseur, pour obtenir un mur avec une bonne résistance thermique (soit R=5), il faudra ajouter  19.5 cm de laine de verre.

Au total, avec de l’enduit extérieur (ou un bardage) et des plâtres à l’intérieur, le mur fera un peu moins de 50 cm d’épaisseur.

1.2. Le parpaing

Le parpaing est le champion incontesté des maisons individuelles de la fin du XXème siècle !

Son coefficient de conductivité est : λ = 0.9 W/m.°C. C’est mieux que le béton plein car il y a de l’air emprisonné dans les blocs. Mais nous allons voir que l’amélioration reste relative…

Si on a un mur en parpaing de 20 cm d’épaisseur, pour obtenir un mur avec une bonne résistance thermique (R=5), il faudra ajouter  19.0 cm de laine de verre.

1.3. Le béton cellulaire

Avec les normes thermiques, le béton a aussi évolué. Aujourd’hui, le meilleur matériau béton en termes de qualités thermiques est le bloc de béton cellulaire.

bloc béton cellulaire

Le principe est de piéger des bulles d’air dans le béton. En effet, l’air (s’il n’est pas en mouvement) est un excellent isolant. Par cette technique, on obtient donc de bonnes propriétés thermiques.

Le coefficient de conductivité du béton cellulaire est : λ = 0.12 W/m.°C (donc 8 fois meilleur que celui des parpaings).

Si on a un mur en béton cellulaire de 20 cm d’épaisseur, pour obtenir un mur avec une bonne résistance thermique (R=5), il faudra encore ajouter  13.0 cm de laine de verre.

En prenant un mur en béton cellulaire de 30 cm, pour la même performance, il faudra toujours mettre 10 cm de laine de verre.

Attention :

  • Les artisans et constructeurs qui vous disent qu’il est possible d’avoir une maison bien isolée en béton cellulaire monomur (c’est-à-dire sans ajouter aucun isolant) se moquent de vous. Le béton cellulaire ne suffit pas pour isoler un mur !

  • Le béton cellulaire n’est pas solide, il faut donc prévoir une structure porteuse sur le bâtiment. Cette structure sera source de ponts thermiques.

  • Le béton cellulaire est très cher.

1.4. Compléments sur le béton

Si le béton est solide et bien maîtrisé des maçons en France, il présente néanmoins les inconvénients suivants :

  • Il est un mauvais régulateur de l’humidité dans vos murs : cela a pour conséquence de diminuer encore les performances énergétiques, mais aussi et surtout de créer des zones humides mauvaises pour la qualité de l’air intérieur et pour la solidité du bâtiment.
  • Sa fabrication est énergivore et émet beaucoup de C02.

 

2. La brique de terre cuite

Je ne parlerai pas ici de la brique utilisée au XIXème siècle dans le nord de la France. Celle-ci est quelque peu dépassée par sa descendante : la brique alvéolée !

Brique isolante

 

Aujourd’hui, la brique alvéolée semble prendre le pas sur le béton dans la construction des maisons en France. En effet, son caractère, à la fois porteur et isolant, sa facilité de mise en œuvre et son coût, plaident en sa faveur.

 

Son coefficient de conductivité est : λ = 0.12 W/m.°C, comme le béton cellulaire

Si on a un mur en briques alvéolaires de 37.5 cm d’épaisseur (c’est un des standards), pour obtenir un mur avec une bonne résistance thermique (soit toujours R=5), il faudra encore ajouter  7.5 cm de laine de verre.

En prenant un mur en briques alvéolaires de 50 cm, pour la même performance seuls 3 cm de laine de verre seront nécessaires.

Malgré tout, si on veut un mur très isolé, même les briques alvéolaires les plus épiasses ne suffisent pas ! Il faut toujours ajouter un isolant. Néanmoins il est tout de même notable qu’avec des briques de 50 cm, on obtient une résistance de R=4,2, ce qui est déjà très bon. Cependant, l’appellation brique monomur (très popularisée par les lobbies de la brique) est abusive !

Si on compare avec le béton, il faut toujours des murs de 50 cm d’épaisseur pour obtenir de bonnes isolations. L’avantage de la brique est son énergie de fabrication, qui est moindre que celle du béton.

Prochain article

Nous verrons dans un prochain article qu’il est possible de construire avec d’autres matériaux.

 

Vous souhaitez faire construire une maison passive en Normandie ou rénover votre habitat en Normandie, contactez moi, je peux vous aider.

(9 commentaires)

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  1. roger

    Bonjour et merci.
    .
    L’article est clair et explique bien les différences entre les matériaux de construction.

    C’est très instructif
    roger Articles récents…Salon de Vérone pour le chauffage bois du 19 au 23 février 2014My Profile

  2. Pierre

    Bonjour,

    Après lecture de vos articles intéressants sur plusieurs points, je me permet de mettre un commentaire concernant le béton cellulaire, je fait construire une maison passive dans le sud de la france en BC de 40cm.
    Le lambda de nos jours du BC est de 0.09 soit le seul matériau de construction qui isole le mieux et c’est un matériau presque 2x plus porteur que le parpaing en charges verticales donc très résistant pour une construction.
    Cela nous amène à un R=4.6 (avec enduits sur chaque faces) et selon la région de France (pour le sud en l’occurrence), avec vérification au PHPP et bonne isolation toiture/sol, cela suffit en monomur sans isolation rapportée pour faire une maison passive tant que tout les autres points sont respectés avec rigueur (concecption bioclimatique avec bonne orientation Sud, étanchéité, VMC DF HR, menuiseries triple vitrage avec Sw>0.6, …).

    Merci en tout cas pour ce comparatif pour faire le point.

    1. admin

      Heureusement que vous êtes dans le sud ! Dans le nord, un R de 4,6 est très insuffisant et l’humidité nuit au béton cellulaire. Même si les performances sont au rendez vous, l’énergie grise du béton cellulaire est tout de même un « moins ». Qui est votre constructeur ?

      1. Pierre

        Sur ce point je suis bien d’accord avec vous, dans le nord c’est bien insuffisant, d’où l’importance de prendre en compte la région et la température moyenne, le phpp et l’expérience nous l’a prouvé, cela nous a permis de diminuer le coût de la construction en optimisant l’isolation avec ce qu’il faut sans partir dans la démesure (budget serré). Je passe par un architecte ainsi que des artisans, je n’ai pas trouvé de constructeur compétent pour faire des maisons passives dans notre coin. Concernant la réaction du BC à l’humidité beaucoup de choses sont dites sur internet, du bon comme du moins bon, pour le voir en conditions réelles nous n’avons aucun soucis pour avoir eu des pluies et un hiver, chacun voit comme il le souhaite. Pareil pour l’énergie grise, c’est parmi tt les matériau de construction celui qui a le plus faible à lui seul, surtout si on compare avec un mur beton/brique plus doublage laine ou polystyrène.

        1. admin

          Je vais nuancer mon propos, car j’ai tendance à être un peu puriste.

          Évidemment, je place toujours en haut du tableau une maison passive avec ossature bois et isolants naturels. D’ailleurs je vis dedans ! Parce qu’on a à la fois les économies d’énergies de fonctionnement, une énergie grise très faible et un bilan CO2 exceptionnel.

          Néanmoins, le problème majeur de l’environnement, c’est la consommation courante d’énergie. Si un logement a nécessité plus d’énergie grise à la construction, mais qu’il est performant à l’usage. Oui, oui et 1000 fois oui ! L’énergie grise sera « remboursée » à la nature en quelques mois ! C’est pourquoi de l’ossature bois en passant par la brique ou même le béton avec du polystyrène. J’encourage en priorité à faire une maison très performante ! Et c’est tout à fait votre cas !

    2. Valérie

      Bonjour,

      Mon mari est sur le point d’autoconstruire une maison passive en béton cellulaire également dans le sud de la France. Pourrions-nous correspondre afin d’échanger nos idées ?

      1. admin

        Pas de problème, passez par le rubrique contact.

  3. carrelli

    Bjr,

    Le pb avec les maison a ossature bois c est que nos regions sud mediterannée les chaleur en été (40)° FONT QUE CE MATERIAUX EST A PROSCRIRE; c EST UN FOUR;;;;

    1. admin

      Absolument, on ne construit pas une maison passive de la même manière partout ! Dans les régions nord, il faut favoriser l’isolation et travailler le confort d’hiver. Au Sud (et surtout en méditerranée), c’est plutôt l’inertie et le confort d’été.

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